Integrity Advisory

Rémunération du dirigeant avant une cession

Avant d’ouvrir le dossier aux acquéreurs, le dirigeant a voulu « optimiser sa rémunération » une dernière année. Prime exceptionnelle, loyers holding (vocabulaire), véhicule, abondement : l’EBITDA de gestion est monté. Trois mois plus tard, l’audit financier de l’acheteur a retraité chaque ligne sans pièce. Le multiple était resté le même sur le teaser. Le pont de prix avait bougé. La rémunération du dirigeant n’est pas un sujet RH à part : c’est une ligne du dossier de cession.

Ce que l’acheteur lit dans votre fiche de paie

Sur une PME d’ingénierie, l’acheteur construit un EBITDA normatif. Rémunération hors marché, avantages en nature flous, conventions holding non documentées, charges personnelles passées en société : chaque écart sans rapprochement écrit devient un levier de baisse. Ce qui allège votre fiscalité personnelle aujourd’hui peut coûter plus cher demain sur le prix des titres.

Avant le tour de table auprès des acquéreurs, verrouillez avec votre expert-comptable une version unique : ce qui est réellement du coût d’exploitation, ce qui est du patrimonial, ce qui sera retraité. Integrity Advisory ne rend pas d’avis fiscal ; nous voyons surtout l’effet sur le net vendeur.

Réduire le coût entreprise sans saboter le récit

Le statut du dirigeant (gérant majoritaire de SARL vs président salarié) change le coût social et la couverture. Ce choix se discute avant de figer l’EBITDA de cession, pas après la lettre d’intention.

Épargne salariale, intéressement, participation : des outils utiles sous conditions, avec un forfait social et des règles qui évoluent. Une holding permet souvent d’individualiser rémunération et protection sociale, de faire supporter une partie du coût via des conventions de prestation, et de préparer une cession de titres de holding. Encore faut-il que les conventions existent, soient facturées et tiennent à l’audit.

Cash immédiat vs cash différé

Compte courant d’associé (intérêts dans la limite du taux réglementaire), arbitrage prime / dividende, capitalisation vs distribution : le « bon » choix dépend de votre situation et du calendrier de cession. Une simulation chiffrée vaut mieux qu’une règle générale trouvée dans une fiche ancienne.

Côté différé : Madelin, contrats de retraite complémentaire, intéressement au capital (BSPCE, actions gratuites) pour les cadres clés — proche d’un package dirigeants. Ces leviers alignent ou fidélisent ; ils ne remplacent pas un pont de prix propre. Sur une ouverture de capital, relisez aussi les good leaver / bad leaver (clauses).

Transmission : Dutreil et plus-value ne se bricolent pas la veille

Le pacte Dutreil peut réduire la base taxable aux droits de mutation sur une transmission à titre gratuit, sous conditions strictes (détention, engagement de conservation, fonction de direction). Il n’oblige pas à donner immédiatement ; il peut aussi être envisagé à titre conservatoire. Les régimes d’abattement sur plus-value de cession changent régulièrement : ne figez pas un net vendeur sur une mémoire de texte ancien.

La bonne question avant d’« optimiser »

Pas « comment payer moins de charges cette année ? ». Plutôt : dans dix-huit mois, face à un acheteur, cette ligne sera-t-elle défendable comme charge d’exploitation, ou sera-t-elle retraitée ? Si la réponse est floue, remettez-la au clair avec l’expert-comptable avant le mémorandum d’information — pas pendant l’audit.